I. La dyslexie

I. La dyslexie

A. Dyslexie phonologique

B. Dyslexie de surface

C. Dyslexie mixte

 

La dyslexie est un terme inventé en 1887 par Rudolf Berlin de Stuggart, Allemagne, pour décrire l'incapacité de lire.

« La dyslexie est un trouble endogène de la fonction symbolique qui touche spécifiquement la structure lettre/son (graphème/ phonème) la rendant difficile à mémoriser et à pratiquer en synthèse. Sitôt appris sitôt oublié le graphème doit être redécouvert à chaque rencontre. »

Définition donnée par le dernier rapport de l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) en 2007.

 

 

Quelques définitions :

Le phonème est la plus petite unité de la langue parlée (son)

Le graphème est la combinaison de lettres permettant de transcrire un phonème.

Par exemple, le phonème [o] pourra être transcrit par les graphèmes o, ô, au, eau.

 

La dyslexie relève de deux types de déficits :

-linguistique : le sujet reçoit anormalement le langage oral tandis que sa propre émission est bonne.

-sensoriel : Il n’y a pas de trouble fonctionnel et auditif. Cependant, il existe un « désordre stratégique » dans le processus de lecture, ce qui engendre un apprentissage difficile de l’écrit. Ce trouble est indépendant de facteurs extrinsèques ; quel que soit le contexte familial, culturel, pédagogique, il serait apparu.

 

Dans le cadre de ce mémoire, nous n’étudierons que les dyslexies à déficit sensoriel.

 

Selon la conception organiciste, la dyslexie peut avoir pour origine :

-des lésions cérébrales minimes liées à des retards de maturation cérébrale engendrant des dysfonctionnements cérébraux minimes.

-des facteurs héréditaires : il existe fréquemment des antécédents familiaux chez les enfants.

 

La dyslexie est au départ définie comme un trouble phonétique et/ou visuel. On verra plus tard que la lecture s’organise autour de deux processus complémentaires nommés « voies directe » et « voie indirecte ». Un trouble survenant dans une de ces deux voies entrave le bon déroulement de la lecture et entraîne une dyslexie.

On en distingue trois types :

 

A.   La dyslexie phonologique

Aussi appelée dyslexie dysphonétique, elle représente 70% des dyslexies. Elle correspond à une confusion de sons malgré une bonne audition. Il faut savoir que la conversion de  graphèmes en phonèmes constitue la 1ère étape de la voie indirecte de lecture dont le but est l’identification des mots (cf. schéma des deux voies de lecture). Dans ce cas, l’enfant perçoit les sons sans distinguer ceux qui sont proches et fait donc une mauvaise reconnaissance du mot. Par conséquent, l’enfant est dans l’incapacité de faire le lien entre les graphèmes et les phonèmes et de les assembler.

On considère que cette forme de dyslexie cause le plus de difficultés en matière d’apprentissage de la lecture.

L’élève a alors des comportements particuliers :

-confusion de lettres aux sons proches : p et b, m et n, ch, f et v…

-paralexies visuelles et morphologiques : « escale » devient «escalade» ; «lourdeur » devient « lourd ». Ces troubles n’apparaissent pas systématiquement (mais surviennent toujours dans la dyslexie phonologique). Ceci est du à la mémoire verbale à court terme, c’est un dysfonctionnement de la mémoire auditive, souvent lié à la vitesse d’élocution. Généralement, durant la lecture, une mémoire verbale temporaire est mise en jeu afin de maintenir l’information durant le temps de l’articulation. Elle permet de retenir, pendant une durée de 1 à 10 secondes, environ 7 éléments d’informations (numéros, lettres…). L’enfant qui met beaucoup de temps à déchiffrer chaque syllabe d’un mot long arrive à la troisième sans se souvenir de la première. De plus, l’enfant a du mal à garder en tête le sens de chaque phrase lue.

 

B.   La dyslexie de surface (ou dyséidétique)

Ici, c'est la voie de lecture lexicale qui est atteinte et la correspondance lettre-son ne pose pas de gros problèmes, contrairement à la forme précédente. En revanche, l'enfant éprouve des difficultés à stocker des mots irréguliers dans son lexique interne. Ne pouvant les stocker, il est donc obligé de les déchiffrer chaque fois qu'il les rencontre dans un texte comme s'il les voyait pour la première fois. En classe, pour recopier au tableau, il devra parfois s'y prendre pratiquement lettre à lettre, en regardant de multiples fois.

Le trouble serait causé par un défaut de reconnaissance de la forme visuelle du mot. Ces sujets, ne pouvant s'aider de l'apparence visuelle d'un mot pour accéder à sa signification, éprouvent donc une incapacité à automatiser leur lecture. On a l'impression qu'ils ne peuvent récupérer en mémoire la prononciation associée au mot présenté. Plus l'orthographe du mot sera irrégulière, plus la difficulté sera grande.

Ce type de dyslexie est moins fréquent que le précédent (10%), mais beaucoup plus perturbateur pour l'accès à la signification du texte lu.

 

On observe :

- un bon déchiffrage de mots réguliers et de pseudo-mots,

- un faible lexique de mots reconnus globalement,

- une incapacité à lire les mots irréguliers.

- une lecture lente et problèmes de compréhension majeurs.

- des confusions : m et n, b et d, p et q, v et w, a et o

- des inversions (aspect du déroulement): « et » au lieu de « te », « li » au lieu de « il », « ne » au lieu de « en »… 

- des confusions de lettres majuscules et minuscules : « mAriN »

-un déficit de « balayage » des yeux correspondant à un trouble de stratégie du regard entraînant des sauts de ligne difficiles et une lecture hachée et lente…L’enfant a très souvent besoin d’un doigt directeur.

 

C. La dyslexie mixte

Ce type de dyslexie regroupe la dyslexie de surface et phonologique.

On parle de dyslexie mixte lorsque les deux voies de lecture semblent touchées. Ce sont les cas les plus sévères, car ces dyslexies combinent les problèmes de deux formes précédentes.

Le traitement est long et délicat, l'enfant ne pouvant s'appuyer sur aucune des deux voies de lecture pour développer des stratégies de compensation. Dans les cas très sévères, le tableau confine à la dyslexie profonde, voire à l'alexie.

Dans une large majorité de cas, les dyslexies développementales s'accompagnent d'une dysorthographie qui peut être très sévère, rendant parfois un texte écrit pratiquement indéchiffrable. On retrouve également souvent une dysgraphie (altération du geste graphique). Des difficultés en mémoire auditive ou visuelle sont souvent également associées.

 

 

 

 

DYSLEXIE PHONOLOGIQUE

DYSLEXIE DE SURFACE

atteinte de la voie indirecte

atteinte de la voie lexicale

Difficultés de lecture des non-mots

Difficultés de lecture sur les mots irréguliers

Lexicalisations: chein = /chien/

Régularisation: tabac = /tabak/

                          codeau = /cadeau/

                         choriste = /soriste/

Paralexies visuelles: escale = /escalade/

Erreurs visuelles: m=n   b=d

                                  tracteur = /facteur/

Graphies contextuelles: tagin = /taguin/

Paralexies morphologiques: lourdeur = /lourd/

Trouble d'accès au sens des mots homophones

Erreurs phonémiques: frite = /vrite/

non homographes: taire = sens "terre"

                                   gontra = /contra/

 

Tableau des deux formes principales de dyslexie

 

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