IV. Exercices orthoptiques (partie 2)

B.   La rééducation orthoptique

a)    Motricité conjuguée

b)    Efficacité visuelle

B. La rééducation orthoptique

Chaque séance dure environ 20 minutes si l’enfant ne présente pas de handicap particulier (tel que l’IMC (Infirme Moteur Cérébral), par exemple).

Les conditions de rééducation sont importantes :

-         L’enfant doit être assis confortablement.

-         Les pieds doivent être au sol et le dos doit être droit

-         La hauteur de la table sur laquelle le patient travaille doit être ajustable.

-         L’éclairage doit être suffisant.

-         L’enfant doit être à l’aise, et doit être dans les conditions optimales pour se concentrer.

 

La rééducation orthoptique d’un enfant atteint de dyslexie de surface comporte deux parties principales :

                        a.   Motricité conjuguée

Le but est d’obtenir une motricité conjuguée fine, c'est-à-dire des mouvements les plus fins possibles, des mouvements fluides sans syncinésie faciale et sans mouvement céphalique. Ils doivent être précis, rapides et automatisés.

On diminue la taille des stimuli en fonction de la progression du patient afin d’augmenter la difficulté.

 

§        Poursuites

On déplace une cible adaptée au patient qu’il devra fixer. Les déplacements peuvent être verticaux, horizontaux, obliques, rotatoires, sinusoïdaux, et en huit couché (les déplacements oculaires en huit couché permettent la relation entre l’œil droit et l’œil gauche, ce qui est important dans la lecture). L’orthoptiste peut demander au patient de dire ou est l’entrée et la sortie d’un labyrinthe et de tracer un trait entre les deux extrémités. Cet exercice permet d’améliorer la qualité des poursuites mais aussi de travailler l’anticipation visuelle.

 

Exemples de labyrinthes

 

§        Saccades

Le patient fixe, puis refixe deux cibles de taille équivalente dans différentes directions de l’espace. Afin d’augmenter la difficulté, on fera varier la couleur, la forme et la taille ; et on diminuera l’écart entre les deux mires (Attention : l’écart ne doit jamais dépasser la largeur des épaules, sinon les saccades s’accompagnent de mouvements de tête).

Exemple : Jeu des 7 erreurs, mots croisés…tous les exercices qui permettront de réaliser des saccades, au choix en fonction des loisirs du patient. (cf. annexe)

 

 

Exemple de mires utilisables pour réaliser des saccades

 

§        Vergences

L’orthoptiste interpose un prisme devant un œil qui développe la diplopie. Le cerveau induit la fusion. On note le moment ou le patient n’arrive plus à compenser et ou il voit double. On mesure les possibilités de divergence et de convergence en vision de loin et en vision de prés. L’examinateur effectue trois à quatre passages en convergence suivi d’un passage en divergence. (Attention aux sujets aux spasmes de convergence, l’orthoptiste doit faire un passage en divergence suivi d’un passage en convergence en vision de loin et en vision de prés).

Les valeurs normales sont :

Convergence en vision de prés : +40∆

Convergence en vision de loin : +35∆

Divergence en vision de prés : -16∆

Divergence ne vision de loin : -4∆

 

                            b.   Efficacité visuelle

Il est possible de commencer le travail sur l’efficacité visuelle uniquement après avoir rééduqué la motricité conjuguée. Il est primordial que les saccades et les poursuites soient parfaitement maitrisées. Elles doivent être précises, automatisées et sans mouvement céphalique. 

Ces tests peuvent impliquer un travail de mémoire visuelle lorsque l’orthoptiste demande au patient d’observer une ligne en un seul balayage horizontal et de pointer un optotype.

 

§        Les balayages

Une fois maitrisés, ils permettent l’habileté visuelle et visuo-perceptive en 2D. Pour cela, l’orthoptiste utilise des tests qui étudient des optotypes grâce à une stratégie du regard. Ces tests sont nombreux :

 

-pointage : l’enfant doit pointer des pommes (par exemple) de façon rapide, précise et dynamique. Cela permet l’utilisation des balayages, de la coordination entre la vision centrale te la vision périphérique. Ce test est utile dans les difficultés de coordination oculo-manuelle. (cf. annexe)

 

- tests de barrages (de H, de E, de dessins) : le patient doit barrer tous les H (par exemple) qui se présentent sur les lignes. Il doit progresser de gauche à droite et effectuer un retour à la ligne précis sans oublier de H. Si l’enfant éprouve des difficultés, il peut s’aider d’un doigt curseur. Le but est de barrer tous les H situés sur une ligne en un seul balayage sans mouvement de tête. L’orthoptiste doit être attentif au retour à la ligne, s’il est précis. (Il existe d’autres exercices semblables  (cf. annexe)).

 

-repérage de scène : l’orthoptiste présente au patient plusieurs lignes de lettres et un mot de quelques lettres (plus le nombre est grand, plus la difficulté est importante). Dès que l’enfant voit ce mot dans la ligne de lettres, il doit l’entourer. C’est le même type d’exercice que les tests de barrages : le patient doit progresser de gauche à droite et réaliser l’exercice en un seul balayage par ligne sans mouvement de tête. Au début, si cela est nécessaire, il peut s’aider d’un doigt curseur et effectuer plus d’un balayage.

 

-tableau à simple et double entrées : le patient doit mettre un point entre une lettre et un chiffre donnés. Le tableau simple demande l’utilisation d’un balayage horizontal ; celui à double entrée l’utilisation d’un balayage horizontal et vertical. Ici aussi, on considère que l’exercice est maitrisé lorsque le point est situé en un seul balayage, sans mouvement de tête et sans aide (doigt curseur…).

 

Tableau à double entrée

 

 

§        L’anticipation visuelle

Lorsque le patient éprouve des difficultés dans les exercices de balayage et qu’il persiste une lenteur, l’orthoptiste propose à l’enfant de réaliser des exercices comme le labyrinthe. Le patient va alors réaliser des poursuites et anticipe son mouvement en fonction de ce qu’il voit un peu plus loin. Ces exercices sont très efficace surtout dans le cas ou le patient a des problèmes d’écriture (copie lente par exemple). (cf. annexe)

 

§        La coordination oculo-manuelle

Le but est d’agrandir la fenêtre visuo-attentionnelle. L’orthoptiste présente trois optotypes sur une feuille et demande à l’enfant de fixer l’optotype central pendant 200 ms (égal à la durée d’une fixation, ce qui garanti l’absence de saccades oculaires), et de voir combien et quels sont les optotypes situés respectivement à droite et à gauche du caractère central.

Afin de faire progresser le patient, l’examinateur augmente le nombre de caractères situés autour du point de fixation et diminue leur taille. On ne dépasse pas 7 caractères au total.

(cf. annexe)

 

 

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